Original: https://fetlife.com/users/5413261/posts/7024064 (Master Arden, 18.03.2021)

Si vous vous ĂȘtes intĂ©ressĂ© au monde du kink pendant plus de 5 minutes, vous avez entendu l’expression “Your Kink is Not My Kink“ (YKNMK).

C’est vraiment l’un des protocoles les plus importants et les plus fondamentaux de tout le Kink et du BDSM. Cependant, c’est aussi l’un des plus constamment mal compris et mal utilisĂ©. Et Ă  la fin, ce malentendu obscurcit la possibilitĂ© de dĂ©terminer des abus d’un point de vue extĂ©rieur [aux personnes concernĂ©es].

1. YKNMK

Le principe de base de YKNMK est :

  1. 1.

    Chacun est libre de mener ses activitĂ©s kink sans ĂȘtre jugĂ© sur ce qu’il/elle fait est "mal" ou "mauvais", y compris celles qui paraissent abusives, et

  2. 2.

    Tous les kinks sont acceptables, peu importe à quel point ils peuvent paraßtre désagréables, bizarres, faux ou abusifs aux yeux des autres.

Toute personne qui ne peut respecter ce protocole simple attribue une responsabilité légale à ceux qui sont dans le monde kink parce que ce monde kink, qui est une contre-culture, existe spécifiquement pour fournir un endroit sûr aux personnes dont les gouts sexuels ne sont pas socialement acceptables.

De plus, une personne qui entre dans une communautĂ© BDSM et ne peut pas respecter YKNMK sape cette communautĂ© BDSM, qui existe uniquement pour protĂ©ger ses membres face aux personnes qui ne peuvent pas suivre cette rĂšgle la plus Ă©lĂ©mentaire. En bref, si les gens ne suivent pas YKNMK, il ne peut y avoir de communautĂ© kink/BDSM. C’est pourquoi la promotion de YKNMK est si vitale.

1.1 Tout n’est pas kink

À l’ùre de la sexualitĂ© positive dans laquelle nous vivons, il y a une tendance Ă  applaudir chaque dĂ©couverte sexuelle de soi-mĂȘme comme si c’était un kink.

Cependant, Your Kink is Not My Kink (YKNMK) n’implique pas que tout ce qu’une personne qualifie de kink est en fait un kink.

YKNMK se rĂ©fĂšre spĂ©cifiquement et exclusivement aux choses qui sont en fait des perversions, ce n’est donc pas la dĂ©finition large que l’on peut penser.


NDT - DĂ©finitions du mot ‘kink’ extraites du document ‘Concepts et termes CORE BDSM‘ de MasterArden

  • Etymology Online indique que le mot ‘kink’ date des annĂ©es 1670, que le sens figurĂ© de « notion Ă©trange, torsion mentale, caprice » a Ă©tĂ© rencontrĂ© pour la premiĂšre fois en anglais amĂ©ricain, en 1803, dans les Ă©crits de Thomas Jefferson. En 1965, cela signifiait Ă©galement « personne sexuellement anormale », et en 1973, il faisait rĂ©fĂ©rence Ă  « une perversion sexuelle, un fĂ©tichisme, une paraphilie ».

  • Dans la dĂ©finition des rĂŽles Fetlife : Kinkster est « Une personne ayant des prĂ©fĂ©rences ou un comportement sexuels considĂ©rĂ©s comme anormaux par la sociĂ©tĂ©. »

  • Dans glossaire BDSM : J Ă  Q, Kink signifie « prĂ©fĂ©rences ou comportements sexuels non conventionnels. »

  • Kink = structures, rĂŽles, pratiques et prĂ©fĂ©rences sexuels et relationnels qui sont inacceptables et considĂ©rĂ©s comme dĂ©viants par le monde « hĂ©tĂ©ro » dominant (Keenan, 2014) [NDT: aucune trace de cette citation deJullian Keenan]

NDT - La définition de référence par MasterArden est:

  • un kink est une prĂ©fĂ©rence sexuelle ou un comportement relationnel anormal, non conventionnel, inacceptable et dĂ©viant (The Law of Inverse Consequences)

NDT - Autres dĂ©finitions de ‘kink’ ne faisant pas explicitement rĂ©fĂ©rence Ă  la notion de dĂ©viance:

  • “Kink est un terme gĂ©nĂ©rique utilisĂ© pour dĂ©crire un large Ă©ventail d’activitĂ©s sexuelles considĂ©rĂ©es comme non conventionnelles ou peu orthodoxes.” [source: https://www.kinkly.com/definition/683/kink]

  • La dĂ©finition de kink selon la NCSF est trĂšs large: Un terme gĂ©nĂ©rique pour l’activitĂ© BDSM qui peut Ă©galement inclure des activitĂ©s comme les fĂ©tiches, le travestissement, les jeux de rĂŽle et l’exhibitionnisme/voyeurisme consensuel.


Ainsi, bien que l’exploration sexuelle et relationnelle puisse avoir un impact personnel et surprenant, la dĂ©finition ce qui est ou n’est pas un kink n’est pas une question de choix personnel, de prĂ©fĂ©rence ou de disposition morale d’une seule personne, mais est dictĂ©e par ce qui est inacceptable POUR LA SOCIÉTÉ.

C’est pourquoi le kink est une contre-culture et le YKNMK est si important.

1.2 Qualifier n’importe quoi de kink est destructeur

Etant donnĂ© que le kink, par dĂ©finition, est une prĂ©fĂ©rence ou une relation sexuelle “anormale”, “non conventionnelle”, “inacceptable” ou "dĂ©viante" aux yeux de la sociĂ©tĂ© dominante, elle ne peut jamais ĂȘtre "standard", c’est pourquoi le kink Ă  besoin d’une contre-culture pour la protĂ©ger.

DĂšs qu’un kink est “acceptĂ©â€ par la culture dominante de l’individu, il n’a plus besoin d’une contre-culture pour ĂȘtre protĂ©gĂ©, et ce n’est plus un kink.

Par consĂ©quent, appeler « kink » tout et n’importe quoi dĂ©grade les kinks rĂ©els, Ă©rode la contre-culture et en fait, rĂ©duit le soutien aux personnes ayant de vĂ©ritables kinks.

De plus, ce comportement se produit Ă  un moment oĂč les personnes “vanilles, mais coquines” se tournent vers le kink/BDSM, ce qui Ă©rode la contre-culture kink/BDSM, sur laquelle de nombreuses personnes comptent pour obtenir du soutien, de la sĂ©curitĂ© et de la croissance.

1.3 Les opinions personnelles n’importent pas

Il y a une tendance humaine naturelle Ă  croire que tout ce que nous aimons ou n’aimons pas s’applique Ă  tout le monde et nous sommes souvent gĂȘnĂ©s quand les autres ne sont pas d’accord. Cependant, les humains et la sexualitĂ© humaine sont incroyablement diversifiĂ©s.
Comme l’a dit Shakespeare “
Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, que ce dont rĂȘve votre philosophie.” [xxx?]

Les personnes impliquées dans le kink doivent supprimer cet instinct destructeur en se rappelant YKNMK.

2. Les abus

2.1 Les limites vanilles ne s’appliquent pas au BDSM

Le grand but de la vie est la sensation, sentir que nous existons, mĂȘme dans la douleur. — Lord Byron [xxx?]

La dĂ©finition de l’abus et des “relations toxiques” dans le monde vanille NE s’applique PAS au monde BDSM, pas plus que les idĂ©aux fĂ©ministes ou les autres problĂšmes que les gens du monde vanille essaient d’intĂ©grer de force dans le monde kink.

Dans le BDSM, l’utilisation d’un pouvoir accordĂ© au Dominant par le soumis n’est intrinsĂšquement PAS un abus Ă©motionnel ou physique – peu importe Ă  quel point il semble abusif aux autres.

C’est la pierre angulaire du BDSM consensuel. Et dans ce contexte, la plupart des idĂ©aux vanille modernes sont antithĂ©tiques au kink et au BDSM et, par consĂ©quent, entrent en conflit et Ă©rodent le BDSM.

Remarque : Comme la seule vĂ©ritable diffĂ©rence, dans la plupart des cas, entre l’abus et le BDSM est le consentement explicite, les parties qui donnent ce consentement doivent ĂȘtre saines d’esprit lorsqu’elles le donnent. Les soumis qui reformulent rĂ©troactivement leur consentement et utilisent l’histoire rĂ©visionniste [???] pour dĂ©clarer abusives des activitĂ©s auparavant consenties ne sont probablement pas assez sains d’esprit pour avoir conclu de tels accords en premier lieu.

2.2 Les limites – Aux marges de l’acceptabilitĂ©

Il existe une limite au sein du kink/BDSM au delĂ  de laquelle certaines activitĂ©s, mĂȘme si elles sont explicitement consenties, restent abusives, mais c’est plus rare que vous ne le pensez.

  • LOI : De toute Ă©vidence, nous ne pouvons pas crĂ©er de limites supĂ©rieures [pour le kink/BDSM] en nous basant sur la loi car une grande partie de ce qui se fait dans le BDSM est illĂ©gal dans de nombreux endroits. C'est pourquoi la culture kink Ă©tait clandestine pendant la majeure partie de son histoire parce qu’elle se cachait de la loi.
    Quelques exemples de cas oĂč le consentement explicite ne rendra jamais lĂ©gal quelque chose dans certains endroits : 1) ĂȘtre gay 2), ĂȘtre battu (jeu d’impact), 3) le consentement gĂ©nĂ©ral au sexe, 4). le consentement Ă  “l’abus Ă©motionnel” tel qu’il est dĂ©fini dans le monde vanille.

  • PREVENTION DES BLESSURES : La limite supĂ©rieure [du kink/BDSM] ne peut pas ĂȘtre basĂ©e sur la prĂ©vention des blessures Ă©motionnelles ou physiques, car de nombreuses activitĂ©s kink et BDSM provoquent intentionnellement ce que l’on pourrait dĂ©crire dans le monde vanille comme des abus Ă©motionnels et physiques.
    Par exemple, 1) Le jeu d’impact est la pierre angulaire du BDSM pour de nombreuses personnes et cela ressemble exactement Ă  de l’abus dans le monde vanille, et 2) la dĂ©gradation ressemble Ă©normĂ©ment Ă  de la violence Ă©motionnelle pour les gens vanille (j’ai vu des gens “vanille, mais coquins” essayer d’arrĂȘter des scĂšnes dans des clubs BDSM en prĂ©tendant y voir de la maltraitance).

  • PERMANENCE : La limite [NDT: du kink/BDSM] ne peut pas non plus ĂȘtre basĂ©e sur le caractĂšre temporaire ou permanent de l’activitĂ© ou des rĂ©sultats de l’activitĂ©, car de nombreuses personnes sont impliquĂ©es dans des relations D/s Ă  long terme, et de nombreuses autres ont des kinks qui impliquent une relative permanence.
    Par exemple, avoir des cicatrices et des marques permanentes est un kink courant. De mĂȘme que dans le monde vanille oĂč les gens se font tatouer, la permanence ne peut pas vraiment ĂȘtre une limite [NDT: au kink/BDSM].

  • PERTE DE FONCTION – TEMPORAIRE : Une perte de fonction temporaire et rĂ©versible est Ă©galement courante, sinon souvent l’objectif, dans le BDSM, de sorte que cela ne peut pas non plus ĂȘtre la limite supĂ©rieure [NDT: du kink/BDSM].
    Par exemple, ĂȘtre dans le subspace est une perte totale de fonction, mais c’est temporaire et les rĂ©sultats sont complĂštement rĂ©versibles.

  • PERTE DE FONCTION – PERMANENTE : Par consĂ©quent, la seule limite absolue pour le BDSM consensuel est qu’un soumis ne peut pas consentir Ă  une activitĂ© qui provoque un dysfonctionnement permanent et irrĂ©versible ou une perte de fonction permanente et irrĂ©versible.
    Par exemple, si ĂȘtre dans le subspace est temporaire, ĂȘtre dans le coma ne l’est pas. Un autre exemple est qu’une coupure au bras vous fera mal et que la cicatrice peut mĂȘme ĂȘtre permanente, mais cela ne rĂ©duira pas la fonction de votre bras. Cependant, couper votre bras limiterait de façon permanente la fonction.

  • Les activitĂ©s qui entraĂźnent un dysfonctionnement permanent et irrĂ©versible ou une perte de fonction permanente et irrĂ©versible NE PEUVENT EN AUCUN CAS ĂȘtre consenties au sein du BDSM. Je suis sĂ»r que les gens sont prĂȘts Ă  le comprendre, il est donc important de comprendre que ce sont des exemples extrĂȘmes pour faire valoir ce point.

REMARQUE : Bien qu’il ne s’agisse pas d’un sujet BDSM, l’argument selon lequel l’euthanasie est une perte permanente de fonction n’est pas vraiment valable car son but est d’éliminer la souffrance d’une mort inĂ©vitable et douloureuse qui se produirait de toute façon. De mĂȘme, un mĂ©decin peut amputer un bras malade mais s’il en amputait un en bonne santĂ©, cela entraĂźnerait une perte permanente de fonction et romprait le serment d’Hippocrate.

2.3 A propos de la violence émotionnelle

Il ne fait aucun doute que la violence Ă©motionnelle existe rĂ©ellement, mais il y a des problĂšmes importants pour l’identifier, en particulier au sein du BDSM.

Et comme la dĂ©finition des abus dans le monde vanille devient de plus en plus large, basĂ©e sur les Ă©motions, souvent rĂ©trospectivement et rĂ©troactivement, et a Ă©tĂ© militarisĂ©e (???), les personnes BDSM ont besoin d’ĂȘtre complĂštement au clair qu’à prĂ©sent, seul un consentement explicite diffĂ©rencie les abus du BDSM.

La violence Ă©motionnelle est mal dĂ©finie : dans le monde vanille, la violence Ă©motionnelle consiste Ă  "exposer une autre personne Ă  un comportement pouvant entraĂźner un traumatisme psychologique, notamment l’anxiĂ©tĂ©, la dĂ©pression chronique ou le trouble de stress post-traumatique". [x320].

  1. 1.

    Cela signifie que tout ce qui POURRAIT ÊTRE de la maltraitance Ă©motionnelle EST de la maltraitance Ă©motionnelle, donc tout le monde est maltraitĂ© Ă©motionnellement tout le temps. Par exemple, Healthline [x321] liste 64 signes de violence mentale et Ă©motionnelle comme le contrĂŽle, la manipulation, la critique, les commentaires dĂ©gradants, les menaces, les blames, les accusations, les restrictions, l’isolement, le gaslighting, les arguments circulaires, et bien d’autres encore.

  2. 2.

    Cela signifie que TOUT LE BDSM est un abus parce que TOUT LE BDSM "peut entraĂźner un traumatisme psychologique", c’est pourquoi cette dĂ©finition [vanille de la maltraitance Ă©motionnelle] ne peut pas ĂȘtre utilisĂ©e pour dĂ©finir la violence Ă©motionnelle au sein du BDSM.

  3. 3.

    Dire que toute personne qui subit l’un de ces actes [NDT: dans le BDSM] a Ă©tĂ© maltraitĂ©e Ă©motionnellement minimise la violence Ă©motionnelle rĂ©elle, et sape sĂ©rieusement le soutien dont les personnes qui souffrent de VIOLENCE ÉMOTIONNELLE RÉELLE ont besoin.

Consentement et Transfert d’Autorité : La violence psychologique est souvent associĂ©e Ă  des relations qui prĂ©sentent un "dĂ©sĂ©quilibre de pouvoir" [x322]. Or le BDSM consensuel crĂ©e intrinsĂšquement un dĂ©sĂ©quilibre de pouvoir, qui est expliquĂ© dans BDSM is Inherently Unequal [F034]. Par consĂ©quent, une grande partie de ce qui est dĂ©signĂ© comme abus Ă©motionnel est une pratique BDSM courante, et n’est pas considĂ©rĂ©e comme un abus par les participants parce qu’ils y ont consenti. Encore une fois, dans le BDSM, l’utilisation de tout pouvoir accordĂ© au Dominant par le soumis n’est pas un abus Ă©motionnel ou physique, peu importe Ă  quel point cela semble dĂ©sagrĂ©able aux autres.

Traumatisme psychologique Vs. Abus : un traumatisme psychologique survient lorsque des quantitĂ©s Ă©crasantes de stress dĂ©passent la capacitĂ© de la personne Ă  faire face ou Ă  intĂ©grer les Ă©motions impliquĂ©es, entraĂźnant Ă©ventuellement des consĂ©quences nĂ©gatives graves Ă  long terme [x323]. La violence psychologique [apparaĂźt] quand le comportement spĂ©cifique d’une personne entraĂźne ce traumatisme psychologique [sur une autre personne].

  • Étant donnĂ© que ces situations peuvent ĂȘtre complexes et graves, un professionnel de la psychologie qualifiĂ© doit Ă©valuer les "consĂ©quences nĂ©gatives graves Ă  long terme" et dĂ©terminer s’il y a rĂ©ellement un abus causĂ© par une autre personne. Dans la plupart des cas, cette dĂ©marche professionnelle n’aboutit jamais.

  • Dans le BDSM, un psychologue professionnel dĂ©terminera probablement que tous les traumatismes liĂ©s aux activitĂ©s BDSM sont des abus, car il n’est pas formĂ© pour accepter le droit d’une personne au sein du BDSM Ă  consentir Ă  ce que le monde vanille considĂ©re comme un abus Ă©motionnel. Cela met une responsabilitĂ© juridique sĂ©rieuse sur les Ă©paule des dominants.

  • Weaponisation (???) : Bien qu’il soit important que les victimes de violence psychologique reçoivent du soutien et de l’aide, il est tout aussi important que les personnes faussement accusĂ©es d’ĂȘtre des agresseurs, ce sont elles-mĂȘmes des victimes, reçoivent Ă©galement du soutien et de l’aide.
    Il y a eu une "
    militarisation" des abus, qui se répand à cause de la politique de genre du féminisme toxique et qui est intrinsÚquement destructrice.
    Par exemple, le tribunal du divorce est rempli de femmes qui reconsidĂšrent les activitĂ©s passĂ©es avec leurs mari comme de la violence Ă©motionnelle afin d’obtenir la garde des enfants ou une vengeance pure et simple sans aucune preuve rĂ©elle que de tels abus aient jamais eu lieu, ce qui est dĂ©vastateur pour les familles et les enfants.

Les relations D/s ne sont pas des relations vanille : une relation vanille oĂč “l’activitĂ© BDSM” se fait SANS TRANSFERT D’AUTORITE, n’est pas une relation D/s parce que l’AT fait toute la diffĂ©rence [NDT: entre une relation vanille et une relation BDSM] et c’est lui qui dĂ©finit le consentement Ă  faire des choses qui peuvent ressembler Ă  de la violence Ă©motionnelle.

Ainsi, bien que les personnes dans des relations vanille sont libres de jouer un rĂŽle avec des "Ă©lĂ©ments BDSM", il n’y a pas de transfert d’autoritĂ© entre elles, il est donc beaucoup moins susceptible que cela soit confondu avec de la violence Ă©motionnelle. Par consĂ©quent, les relations D/s ne peuvent pas ĂȘtre Ă©valuĂ©es de la mĂȘme maniĂšre que les relations vanilles.

Féminisme Anti D/s : Les Nations Unies [x324] ont beaucoup à dire sur les abus émotionnels et sexuels, souvent avec une tendance sexiste, qui contredit le BDSM :

  • l’ONU dĂ©clare que "les abus domestiques", Ă©galement appelĂ©e "violence domestique" ou "violence entre partenaires intimes", peuvent ĂȘtre dĂ©finis comme "un modĂšle de comportement dans toute relation qui est utilisĂ© pour obtenir ou maintenir le pouvoir et le contrĂŽle sur un partenaire intime". Cela dĂ©crit exactement ce qu’est une relation D/s dans le BDSM parce que le Dominant "acquiert et maintient le pouvoir et le contrĂŽle" sur le soumis. Ainsi, selon l’ONU, TOUS les Dominants dans les relations D / s commettent des violences domestiques.

  • l’ONU a Ă©tablit un diagramme de "puissance et de contrĂŽle", dont 1/4 est composĂ© d’activitĂ©s D/s courantes.

  • l’ONU prend en compte la violence psychologique – qui comprend l’utilisation d’insultes, la surveillance des dĂ©placements, des contacts et des rencontres, la suppression du droit de travailler, les punitions par retait de toute affection ou tendresse, l’exigence de demande d’autorisation pour tout et n’importe quoi, etc
 – et la violence sexuelle – dĂ©finie dĂšs lors que vous devez vous habiller de maniĂšre sexuelle, vous ĂȘtes insultĂ©(e) de maniĂšre sexuelle, que vous avez Ă©tĂ© forcĂ©(e) ou manipulĂ©(e) pour obtenir des relations sexuelles ou accomplir des actes sexuels, vous ĂȘtes retenu(e) pendant les rapports sexuels, vous devez avoir des rapports sexuels lorsque vous ĂȘtes malade, fatiguĂ© ou aprĂšs avoir Ă©tĂ© battu, vous ĂȘtes blessĂ©(e) avec des armes ou des objets pendant les rapports sexuels vous devez accepter d’autres personnes dans des activitĂ©s sexuelles. Toutes ces choses sont des problĂšmes courants dans le BDSM, en particulier les relations D/s.

  • Et ils mentionnent spĂ©cifiquement "utiliser le privilĂšge masculin" pour souligner en rĂ©alitĂ© que ce sont les hommes qui abusent des femmes, ce qui signifie que les hommes dominants sont particuliĂšrement Ă  risque. [NDT : Je n’ai trouvĂ© aucune occurrence de cette mention sur le site Web de l’ONU]

Les conseils sur les relations vanilles sont souvent inutiles [NDT:pour dĂ©finir les abus dans le BDSM]: dans le monde vanille, les psychologues mettent en avant les "droits fondamentaux dans une relation", qui ne sont pas des droits lĂ©gaux, mais des manifestes de comportement pour "prĂ©venir les abus Ă©motionnels" ce qui sape efficacement les relations D/s, oĂč les gens consentent souvent Ă  l’inverse de ce qui y est suggĂ©rĂ©, comme (Evans 1992) [x325]:

  • Le droit d’ĂȘtre appelĂ© par aucun nom qui vous dĂ©valorise,

  • Le droit d’ĂȘtre demandĂ© respectueusement plutĂŽt que de recevoir des ordres,

  • Le droit d’ĂȘtre Ă©coutĂ© par l’autre et d’avoir des rĂ©ponses courtoises,

  • Le droit d’avoir votre propre point de vue, mĂȘme si votre partenaire a un point de vue diffĂ©rent.

Donc, mĂȘme dans le monde vanille, dĂ©terminer la violence psychologique est incroyablement flou, mais au moins ils essaient.

Cependant, il n’y a pas de guide prĂ©cis sur la façon de dĂ©tecter les abus Ă©motionnels dans le BDSM, car le fait de donner un consentement explicite Ă  une activitĂ© la rend NON ABUSIVE puisque elle a Ă©tĂ© consentie.

La limite supĂ©rieure [NDT: du kink/BDSM, Ă  ne pas franchir] reste que les activitĂ©s qui causent un dysfonctionnement Ă©motionnel permanent ou une perte de fonction ne peuvent pas ĂȘtre consenties par le soumis. Cependant, il est pratiquement impossible de dĂ©terminer cela dans le BDSM car la dĂ©gradation, l’humiliation, l’objectivation, etc. sont extrĂȘmement courantes, ce dont je parle dans Emotional Masochism Vs. DĂ©gradation & Objectivation.
Si quelqu’un a un modĂšle correct, je serais intĂ©ressĂ© de le voir.

La “Roue de la violence conjugale” dĂ©finie pour la sociĂ©tĂ© dominante est remplie de bonnes intentions, mais plus de la moitiĂ© de ce qu’elle liste sont des kinks de base. La seule vraie diffĂ©rence entre l’abus et le BDSM est le CONSENTEMENT EXPLICITE [NDT: entre les partenaires] dont le retrait rompt l’accord BDSM. MasterArden

2.4 L’abus existe-t-il [dans le BDSM] ?

Bien sĂ»r, il peut toujours y avoir des abus Ă©motionnels et physiques dans le BDSM, y compris dans une relation D/s. Cependant, Ă  la base de l’évaluation de l’abus [potentiel], il faut considĂ©rer que tout ce qui a Ă©tĂ© consenti N’EST PAS UN ABUS parce qu’il a Ă©tĂ© explicitement consenti.

Mais, certaines personnes crĂ©ent des idĂ©es fausses supplĂ©mentaires parce qu’elles ne comprennent pas comment fonctionne le BDSM :

TRANSFERT D’AUTORITE : Dans le BDSM, Ă  moins d’utiliser un mot de sĂ©curitĂ© pour Ă©viter les blessures ou le dĂ©passement d’une limite explicitement indiquĂ©e, un soumis qui retire unilatĂ©ralement son consentement (dit “non”), viole l’accord BDSM.

Les soumis doivent ĂȘtre tenus responsables de telles violations, y compris Ă  recevoir des sanctions, perdre des privilĂšges ou mĂȘme la dissolution de la relation.

NOTE: Si le dominant n’a pas rĂ©ellement le pouvoir de tenir le soumis responsable de la violation, par exemple pour punir le soumis pour la violation, alors le Transfert d’AutoritĂ© n’a probablement jamais existĂ© Ă  premiĂšre vue.

CONTRAT PERSONNEL vs CONTRAT LÉGAL : Bien sĂ»r, le soumis peut lĂ©galement arrĂȘter toute activitĂ© ou relation BDSM Ă  tout moment pour n’importe quelle raison, mais si ce n’est pas en raison d’un risque de blessure ou de franchissement de limites explicitement indiquĂ©es (par exemple, safewording), alors il rompt son engagement et le contrat personnel [D/s], ce qui, du point de vue du BDSM traditionnel, justifie une punition et, dans de nombreux cas, la dissolution de la relation.

HISTOIRE RÉVISIONNISTE (???) : Le consentement ne peut ĂȘtre retirĂ© aprĂšs coup, ou rĂ©troactivement. Un soumis ne peut pas accepter une activitĂ©, comme recevoir une fessĂ©e, puis le lendemain, renommer « abus » ce Ă  quoi il a explicitement consenti parce qu’il ne “voulait pas vraiment le faire” ou qu’il Ă©tait “pressĂ©â€ ou “insatisfait de la façon dont il est allĂ©â€. Bien sĂ»r, des erreurs se produisent, mais Ă  moins que quelque chose qui n’ait pas Ă©tĂ© convenu se produise, qu’une frontiĂšre explicite ait Ă©tĂ© franchie, surtout si elle a Ă©tĂ© franchie intentionnellement, alors ce n’est pas un abus.

REMARQUE : Un soumis qui a donne son consentement explicite Ă  des activitĂ©s BDSM spĂ©cifiques avec des limites qui n’ont pas Ă©tĂ© franchies, et n’a jamais utilisĂ© de mot de sĂ©curitĂ©, mais qui ressent plus tard un traumatisme Ă©motionnel, qu’il prĂ©tend ĂȘtre un abus, est un risque lĂ©gal important pour le dominant.

3. Réduire les abus dans le BDSM

Les allĂ©gations d’abus sont montĂ©es en flĂšche dans le BDSM pour de nombreuses raisons, y compris l’abaissement des normes exceptionnelles mais rĂ©barbatives que de nombreuses traditions [BDSM] avaient [instaurĂ©es] pour les pratiquants.

Les gĂ©nĂ©rations prĂ©cĂ©dentes ont sous-estimĂ© que, parce que le BDSM est intrinsĂšquement complexe et risquĂ©, les soumis et les dominants ont des responsabilitĂ©s spĂ©cifiques et distinctes lors de la conclusion d’accords BDSM consensuels, dont ils doivent ĂȘtre tenus responsables afin d’avoir des rĂ©sultats positifs et de rĂ©duire les abus et les blessures.

3.1 Principales responsabilité des soumis

les soumis ont des responsabilitĂ©s spĂ©cifiques lors de la conclusion d’un accord BDSM consensuel car les dominants, comme les soumis, ne sont pas omniscients. Par consĂ©quent, les dominants comptent sur les soumis et, Ă  mon avis, les soumis de l’OMI sont responsables de:

CONSENTEMENT : ne consentez Ă  une activitĂ©/relation BDSM que lorsque vous ĂȘtes capable de prendre une dĂ©cision, y compris en se comportant en adulte qui n’est pas atteint de dĂ©ficience mentale au moment oĂč le consentement est donnĂ©, que vous pouvez donner votre consentement de son plein grĂ©, sans coercition ni contrainte, que vous comprenez ce Ă  quoi vous consentez, que vous ĂȘtes informĂ© sur l’activitĂ© ou la relation en question, y compris les avantages et les risques attendus, et la probabilitĂ© que les avantages et les risques se concrĂ©tisent, et que vous pouvez autoriser le dominant Ă  vous contrĂŽler.

POUVOIR : les soumis ont la tĂąche gargantuesque de n’accorder le pouvoir qu’aux dominants bien intentionnĂ©s et compĂ©tents, afin d’éviter les abus et les blessures et que les rĂ©sultats soient bons.

Soyez prudent et assurez-vous que le dominant est suffisamment compĂ©tent pour utiliser en toute sĂ©curitĂ© et efficacement les pouvoirs spĂ©cifiques qui lui sont accordĂ©s, car une fois accordĂ©s dans le cadre d’un accord BDSM, le seul moyen de les rĂ©cupĂ©rer est de le demander au dominant [de le rendre] ou de rompre l’accord BDSM.

ENGAGEMENT : Respecter chaque pouvoir spĂ©cifique accordĂ©, qui ne peut ĂȘtre retirĂ© unilatĂ©ralement une fois accordĂ©, mais doit ĂȘtre renĂ©gociĂ© avec l’accord du dominant. Dans le BDSM, Ă  moins d’utiliser un safewording (???) pour Ă©viter les blessures ou le franchissement d’une limite explicitement indiquĂ©e, un soumis qui retire unilatĂ©ralement son consentement (qui dit “non”), viole l’accord consensuel BDSM.

Toute personne qui viole un accord BDSM devrait faire face à des conséquences, y compris la dissolution potentielle de la relation.

REMARQUE : Mettre fin unilatĂ©ralement Ă  une relation D/s entiĂšrement, par l’une ou l’autre des parties, n’est pas une violation d’un accord BDSM, mais une dissolution, ce qui est fondamentalement diffĂ©rent.

PUNITION: Si une violation [NDT: de l’accord BDSM] se produit, le soumis doit ĂȘtre reconnaissant de recevoir les options de punition prĂ©alablement convenues.

REMARQUE : Si [NDT: par l’accord BDSM] le dominant n’a pas le pouvoir de punir, alors il n’a probablement jamais Ă©tĂ© le dominant car sans la capacitĂ© de punir, il n’y a probablement jamais eu de transfert d’autoritĂ©.

LIMITES : Fournir des limites spĂ©cifiques et explicites qui doivent ĂȘtre respectĂ©es par le dominant, mais communiquĂ©es par le soumis.

COMMUNICATION : Communiquer, fournir des commentaires (feedbacks ???) et utiliser des mots de sécurité pour éviter les blessures ou le franchissement des limites explicitement indiquées.

Ce n’est pas la mĂȘme chose que d’exercer une autoritĂ© ou un contrĂŽle sur la scĂšne, qui n’est pas le rĂŽle du soumis, mais le rĂŽle du dominant.

3.2 Principales responsabilités des Dominants

Symétriquement, parce que les soumis ne savent pas tout, les dominants ont également certaines obligations comme à mon avis :

CONSENTEMENT : Dans le BDSM, les deux parties doivent donner et accepter leurs consentements rĂ©ciproques. ne consentez Ă  une activitĂ©/relation BDSM que lorsque vous ĂȘtes capable de prendre une dĂ©cision, y compris en se comportant en adulte qui n’est pas atteint de dĂ©ficience mentale au moment oĂč le consentement est donnĂ©, que vous pouvez donner votre consentement de son plein grĂ©, sans coercition ni contrainte, que vous comprenez ce Ă  quoi vous consentez, que vous ĂȘtes informĂ© sur l’activitĂ© ou la relation en question, y compris les avantages et les risques attendus, et la probabilitĂ© que les avantages et les risques se concrĂ©tisent, et que vous pouvez les gĂ©rer en toute sĂ©curitĂ© et de maniĂšre efficace.

BIEN INTENTIONNÉ : bien qu’il soit important de prendre le soumis au mot et de lui laisser son libre arbitre Ă  consentir, il est suggĂ©rĂ© aux dominants de suivre le serment d’Hippocrate de "d’abord ne pas nuire" car le soumis peut ne pas ĂȘtre conscient lui-mĂȘme de ce qui est dans son meilleur intĂ©rĂȘts et de ce qui peut lui porter prĂ©judice.

Le consentement étant réciproque, dire non est autant dans les droits du dominant, que ceux du soumis.

COMPETENT : N’acceptez que le pouvoir, qui sera utilisĂ© avec compĂ©tence, sĂ©curitĂ© et efficacitĂ© et sans abus.

COMMUNICATIONS : Bien que le consentement éclairé soit une responsabilité personnelle de toutes les parties, il est suggéré aux dominants de communiquer et de mener des négociations de maniÚre transparente pour le meilleur résultat pour les deux parties, y compris en discutant des risques en détail.

LIMITES : Discutez vraiment des limites et respectez les ainsi que les mots de sécurité explicitement énoncés, car les franchir intentionnellement constitue de fait un abus.

De plus, bien que des erreurs se puissent se produire, le franchissement mĂȘme accidentel d’une frontiĂšre constitue un grave manquement [NDT: du dominant] Ă  ses responsabilitĂ©s, cela montre une certaine incompĂ©tence et nĂ©cĂ©ssite d’en rendre compte.

Dans certains cas, une erreur importante, mĂȘme commise sans mauvaise intention mais qui cause un traumatisme grave, peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une violation et devrait entraĂźner des sanctions importantes. Mais cela dĂ©passe le cadre de cet article.

APRÈS-VENTE (AFTERCARE ???) : Assumer la responsabilité des effets des actions [NDT: BDSM], en particulier fournir les soins (aftercare ???) et le suivi nécessaires, sauf si négocié autrement.

4. ConsĂ©quences – Punition du non-respect du YKNMK

Comme dans tout protocole, imposer une punition pour une entorse est essentiel pour renforcer les bons comportements.

Dans le temps, les clubs interdisaient les personnes qui ne pouvaient pas respecter YKNMK. Malheureusement, mĂȘme les personnes qui dirigent des clubs ne comprennent plus vraiment YKNMK et pensent que tout est une question d’interprĂ©tation subjective. D’oĂč le fait que tout le monde pense maintenant que tout est un Kink.

Références

[x320] Patriarchy and wife assault: the ecological fallacy; Dutton, Donald G. (1994); Violence & Victims. 9 (2): 167–182. doi:10.1891/0886-6708.9.2.167. PMID 7696196. S2CID 35155731

[x321] What is emotional abuse?; https://www.healthline.com/health/signs-of-mental-abuse#What-is-emotional-abuse?

[x322] Court-involved battered women’s responses to violence: the role of psychological, physical, and sexual abuse; Dutton, Mary Ann; Goodman, Lisa A.; Bennett, Lauren (2000); Maiuro, Roland D.; O’Leary, K. Daniel (eds.), Psychological abuse in violent domestic relations, New York: Springer Publishing Company, p. 197, ISBN 9780826111463

[x324] What Is Domestic Abuse?; https://www.un.org/en/coronavirus/what-is-domestic-abuse

[x325] The Verbally Abusive Relationship: How to Recognize It and How to Respond; Patricia Evans P. (1992); Holbrook, Ma. Bob Adams, Inc.

[x323] Coping With Trauma: Hope Through Understanding; Jon G. Allen (20 May 2008); American Psychiatric Pub. ISBN 978-1-58562-682-3

Original par Master Arden – Just Friends·Mar 18, 2021